29.09.2009
Tout sauf Dadis

Moussa Dadis Camara, vous le connaissez, c’est le chef de la junte militaire guinéenne venu ‘‘sauver’’ le peuple guinéen à la mort de Lansana Conté le 23 décembre 2008. Franchement, aux premières heures de sa prise de pouvoir, rien qu’à l’analyse de ses discours – le fond et la forme – j’ai eu des doutes sur la sincérité et les capacités de leader de ce capitaine ‘‘crieur’’. Extrait. ‘‘Je suis incorruptible ; toute l’armée guinéenne le savent’’. En faisant cet accord du verbe savoir (savent, au lieu de sait), Dadis a certainement pensé au nombre pléthorique de soldats de son armée. Il promettait aussi de ne pas s’accrocher au pouvoir, mais l’évolution de la situation en Guinée le fait mentir de jour en jour. D’autant plus que face aux contestations aussi bien en interne qu’au plan international, Dadis a eu le génie de dire que les militaires ont contribué à l’avancée de la démocratie en Afrique en prenant l’exemple malien. Mais ce que le nouvel homme fort de Guinée oublie, c’est que les militaires maliens ont rendu le pouvoir en organisant des élections auxquels ils n’ont pas participé. Mais Dadis n’en n’a cure, poussé dans le dos par son parrain Abdoulaye Wade, qui a tout mis en œuvre pour légitimer le putschiste mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avec une parodie d’élection bien ficelée. Mais il a beau vouloir se justifier, Dadis n’est pas un homme digne de gouverner le peuple guinéen, en tout cas pas suffisamment responsable. Hier, sur les antennes de Rfi, il a raconté une version totalement décalée de la réalité sur le carnage orchestré par ses soldats lors de la manifestation de l’opposition guinéenne pour protester contre son éventuelle candidature. Florilège.
« Les leaders politiques avaient fait un programme de manifestations et ils ont jugé nécessaire d'en fixer la date au 28 septembre. On ne peut pas falsifier une journée historique. Le 28 septembre est la date du référendum qui a conduit notre pays à l’indépendance. Ce jour du 28 septembre, c’était une journée de recueillement. Et le 29, il devrait y avoir cette manifestation mais ils ont jugé nécessaire de manifester le 28 septembre… »
« Si au moins j’avais été sur le terrain, si on m’avait permis… Et là, vous pouvez demander, quand j’ai appris qu’il y avait des accrochages partout, je me suis dit : si j’étais sur le terrain, j’aurais peut-être demandé si effectivement les militaires avaient les armes. Parce que moi, je suis habitué à cela... Donc, je suis resté dans mon bureau. Du bureau, mettez-vous à ma place, je ne suis pas vraiment un sorcier pour savoir. En toute sincérité, comment ces événements se sont passés ? J’ai le compte-rendu qu’on vient de me faire. Compte-rendu faux ou vrai ? Je suis dans un dilemme ! »
« Il s'agit donc d'un mouvement incontrôlé, même le chef de l’Etat ne peut pas contrôler ce mouvement. Et c’est pour cette raison, d’ailleurs, que je ne sais pas encore dit si je serais candidat. Parce que je sers ce peuple. On ne peut plus commander dans la dictature. » (lire l’intégralité ici )
Que retenir ? Dadis Camara est irresponsable et doit partir pour laisser la place à des dirigeants responsables qui assument leurs actes. La Guinée mérite mieux. L’Afrique aussi.
16:23 Publié dans A débattre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : guinée, dadis camara, lansana conté, démocratie, afrique
23.09.2009
La passion de la vérité

Longtemps, j'ai observé l'actualité d'ici et d'ailleurs de façon passive avec un pincement au cœur. Tellement les faits étaient tronqués, en particulier quand il s'agissait de la Côte d'Ivoire. Pas plus tard que hier, un auditeur de Rfi, du nom d'Ismaël, intervenait sur les ondes de a radio mondiale pour faire croire à l'opinion qu'en 2006, la Cour suprême de Côte d'Ivoire avait suspendu Marcel Gossio (Le DG du Port d'Abidjan), Gnamien Konan (L'ex DG des Douanes) et Djédji Amondji ( Le Gouverneur du district d'Abidjan) pour leur responsabilité avérée dans le déversement des déchets toxiques du Probo Koala à Abidjan en aout de la même année. Et que le président Gbagbo, "contre l'avis de la Cour suprême, avait rétabli ses amis dans leurs fonctions". Waouu ! Quelle énormité ! Mais l’animateur de service, Juan Gomez n’a pas pu rectifier ce grossier mensonge qui n’avait visiblement d’autre but que d’accuser le régime Gbagbo d’être responsable de cette catastrophe humanitaire et écologique. Parce qu’on ne peut pas parler d’oubli à ce niveau. Les Ivoiriens – de bonne foi - se souviennent en effet du zèle avec lequel Charles Konan Banny, l’ex premier ministre qui revendiquait ‘‘les pleins pouvoirs’’ de l’exécutif – avec la bénédiction du tristement célèbre GTI - avait suspendu ces cadres de l’administration avant que le vrai chef de l’exécutif ne mette de l’ordre un mois plus tard, sentant les manigances de son PM pour dégommer définitivement les cadres suspendus par le biais d’une commission d’enquête taillée sur mesure pour la cause. Dieu seul sait combien de personne ont cru aux élucubrations d’Ismaël.
Ces faits ne sont malheureusement qu’un échantillonnage des nombreuses entorses à l’Histoire qui pullulent chaque jour dans les médias nationaux et internationaux. Ensemble, nous planterons le décor pour faire avancer positivement les choses, dans le respect scrupuleux des règles de la langue de Molière. Un autre défi à relever. Apprenons donc ensemble !!!
15:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : vérité, discours, décryptage, grammaire, orthographe, politique, société, économie